Editorial – Le lycée mobilisé contre les coupes budgétaires de l’AEFE

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Chers lecteurs,

C’est dans un contexte de large mobilisation que j’écris cet éditorial, mobilisation de la part de nos enseignants, des parents d’élèves et des élèves. Le gouvernement français a prévu d’imputer 33 millions d’euros au budget de l’AEFE (Agence pour l’Enseignement Français à l’Etranger) soit 10% du budget alloué par l’Etat français et cette baisse n’est peut-être qu’un début. Ces coupes budgétaires seront accompagnées d’une suppression de près de 500 postes d’enseignants titulaires soit 8% des effectifs actuels dans les trois années à venir à l’échelle de l’ensemble du réseau et une augmentation des frais de scolarité qui sont déjà très élevés. L’AEFE qui pilote 492 établissements d’enseignement français dans 137 pays est déjà financée à 80% par les frais de scolarité à la charge des familles qui fréquentent ces établissements.

Lundi 27 novembre 2017, une grève a été massivement suivie dans l’ensemble des lycées français de l’AEFE et particulièrement dans le réseau du Maroc puisque le lycée Lyautey de Casablanca et ceux de Marrakech, Tanger, Agadir et Meknès ainsi que les collèges et écoles primaires étaient en grève à près de 70%. Les associations de parents d’élèves avaient également appelés les familles à ne pas envoyer leurs enfants en cours pour la journée de lundi et à manifester sur le parvis de l’établissement. Seuls 120 élèves étaient présents sur 2500 à Descartes. Les élèves présents au lycée Descartes les journées de lundi et mardi ont pu le remarquer, les couloirs du lycée étaient vides durant les deux jours de mobilisation.

L’Etat français n’a peut-être plus les moyens de sa politique étrangère et de son soft-power passant essentiellement par les instituts français et les lycées français à l’étranger ou souhaite possiblement changer de stratégie mais il est évident que la décision du gouvernement français nuira considérablement à la qualité de l’enseignement dans notre établissement et tous ceux de l’AEFE, souvent réputés pour leur excellence et ayant formé de nombreux chefs d’entreprises, universitaires, responsables politiques marocains et qui ont permis de tisser des liens forts avec la France. Les parents d’élèves s’indignent de cette « prise d’otage » puisque les élèves scolarisés dans les écoles primaires ou les collèges français seront les générations les plus touchées par cette réforme. La hausse des frais de scolarité excluront certaines familles et certains élèves français des ces établissement à cause des frais de scolarité trop élevés alors même que les établissements français sont souvent déjà réservés à une élite. De nombreux enseignants installés au Maroc pourront être contraints de rentrer en France alors même que leurs conjoints sont marocains. Il faut rappeler que ces établissements ont pour vocation de permettre aux élèves français de poursuivre leur scolarité hors de France et de participer à la diplomatie globale de la France.

Mercredi 29 novembre, une centaine d’enseignants et de parents d’élèves se sont retrouvés devant l’Ambassade de France à Rabat en présence des conseils consulaires élus pour manifester à nouveau leur mécontentement quant aux restrictions budgétaires à l’AEFE et aux suppressions de postes. Les enseignants ont annoncé qu’ils ne participeraient pas aux conseils de classe et aux réunions parents-professeurs jusqu’à ce que l’AEFE réagisse à cette mobilisation qui a été très médiatisée dans les médias français et marocains. Des articles, des émissions de radio et de télévisions marocaines ont relayé l’information massivement ces derniers jours.

Le Directeur de Publication, Yanis Tabyaoui


Quelques liens complémentaires :

Emission 2M (18ème minute)

France 24 – grèves dans les lycées français de l’étranger

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A propos de l'auteur

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Directeur de publication du Carte Diem. Membre du CVL 2017/2018. Élève de terminale scientifique au Lycée Descartes Rabat

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