L’homme marocain succombe aux diktats de beauté

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Les actes de chirurgie esthétique connaissent un engouement croissant auprès de la gent masculine marocaine, plus soucieuse qu’avant de son apparence physique.

Rhinoplastie, liposuccion, chirurgie des paupières… Toutes ces interventions, qui ont été pendant longtemps l’apanage des femmes intéressent de nos jours, de plus en plus, une clientèle masculine. En effet, ces messieurs, soucieux de leur look, ont aussi des petits complexes qu’ils tentent de corriger, en recourant à la chirurgie esthétique…

Il faut distinguer la médecine esthétique, qui englobe les actes destinés à obtenir un rajeunissement, de la chirurgie esthétique classique, qui vise une transformation physique nécessitant une anesthésie locale ou générale.

La profession est soumise à une obligation de moyens pour atteindre un résultat. La liposuccion reste l’intervention de chirurgie la plus demandée. Les «poignées d’amour» complexent aussi ces messieurs, qui n’hésitent pas à mettre le prix pour corriger leurs défauts physiques.

La liposuccion

La « lipo », selon le jargon d’usage dans le métier, reste l’intervention vedette chez les hommes, pour qui les bourrelets disgracieux ne sont plus une fatalité !
Ils sont localisés sur des endroits spécifiques, qui caractérisent généralement la silhouette masculine comme les hanches (les fameuses «poignées d’amour»), l’abdomen (la «bouée») et les pectoraux (seins). C’est une opération qui reste très demandée…
Le docteur Taleb Bensouda, un des chirurgiens esthétiques les plus réputés au Maroc, reconnaît une              « masculinisation » de sa clientèle, dans sa clinique éponyme de Casablanca.
La « lipo » reste donc l’acte le plus demandé par les hommes, lorsque ceux-ci souffrent d’un léger embonpoint que le sport ne parvient pas à corriger… Il faut compter en moyenne entre 15.000 et 20.000 dirhams chez un bon spécialiste pour cette opération.

La chirurgie du visage

Tout d’abord, la rhinoplastie reste de loin l’un des actes chirurgicaux les plus pratiqués dans les cliniques spécialisées. « Ce n’est pas uniquement un problème esthétique chez l’homme, cela peut être aussi un problème fonctionnel quand le nez a été cassé ou dévié suite à un traumatisme, comme dans la pratique d’un sport par exemple », note le docteur Bensouda.
A noter aussi, le lifting cervico-facial, très courant « chez des hommes qui ont tout simplement envie de se rafraîchir le visage ou alors, dans beaucoup de cas, je remarque que ce sont des hommes de plus de 60 ans qui demandent un lifting quand ils se remarient… avec une femme plus jeune. Ils veulent se mettre au niveau en quelque sorte ! », note avec humour le chirurgien.

Des actes pratiqués sans aucune réglementation !

Couper une partie de l’estomac pour perdre du poids ? Cette intervention chirurgicale, appelée gastrectomie longitudinale , s’adresse aux obèses morbides, lorsque l’Indice de Masse Corporelle (IMC) est supérieur ou équivalent à 40. L’acte consiste à pratiquer une incision verticale pour enlever une grande partie de l’estomac (de manière irréversible) dans le but de limiter l’absorption des aliments. Les personnes qui subissent une sleeve vont être alors contraintes de réduire leurs repas (portions réduites à minima), ce qui va entraîner par conséquent une importante perte de poids… Le hic, c’est que certains chirurgiens sans scrupules n’hésitent pas à proposer une sleeve à des femmes qui n’ont que quelques kilos superflus à perdre au lieu de les orienter vers un simple régime pour maigrir… Résultat : ces femmes ne vont pas seulement éliminer quelques kilos mais vont perdre jusqu’à 20 kilos ! « Couper une partie de l’estomac pour maigrir… C’est malhonnête. Il y a des règles à respecter avant de procéder à une chirurgie de l’estomac. Aujourd’hui, la chirurgie bariatrique est proposée à des patientes qui n’ont que 4 ou 5 kilos au-dessus de la normale alors que l’on pratique cette chirurgie chez des obèses qui ont plusieurs dizaines de kilos de plus par rapport à la normale, juste pour pousser à la consommation ! », relève le docteur Taleb Bensouda.

La ruée vers le botox !

Les injections de botox sont devenues presque banales, même chez les hommes… « En médecine esthétique, ils y ont recours pour corriger les signes du temps… Le paraître étant très important dans la société actuelle… Ils veulent avoir bonne mine, c’est certain, mais pour beaucoup, il s’agit de booster leur carrière professionnelle, car souvent ils ne veulent pas paraître plus âgés que leurs collègues plus jeunes, fraîchement embauchés… Ils ont envie d’être bien dans leur peau tout simplement », explique Fayçal El Kouhen, chirurgien plasticien à Casablanca. Désormais, tout type de profil a recours aux injections : des hommes d’affaires, des cadres, des commerciaux, des professionnels des médias, des professeurs, etc.

Le culte de l’image est-il devenu une nouvelle obsession masculine chez l’homme marocain ? Après tout, l’homme arabe a depuis toujours accordé un soin particulier à soigner son apparence: barbe finement taillée, henné, khôl, etc. Mais aujourd’hui, la différence est qu’ils peuvent avoir recours à d’autres méthodes, plus «radicales», comme la greffe de cheveux, les injections d’acide hyaluronique, le laser épilatoire… La chirurgie esthétique n’étant pas soumise à une régulation tarifaire, la «fourchette» des prix varie entre 15 000 à 70 000 dhs.

Hiba REZZOUK, 1èreES2

Source : L’Economiste

 

 

 

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